Kingdom's Gulf

Entrez dans l’Angleterre d'autrefois, entre riches familles et viles créatures qu'allez-vous choisir ? Le bien ou le mal ? Venez explorer toutes les facettes de se pays
 

Partagez | 
 

 Le Théâtre : où jouer un personnage peut soulager les cœurs surchagés.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Gilbert Telnoy

avatar

Messages : 22
Date d'inscription : 07/01/2012
Age : 22
Localisation : Dans ton lit.


Feuille de personnage
Age:: 15 ans
Profession:: Tapin
Relations:

MessageSujet: Le Théâtre : où jouer un personnage peut soulager les cœurs surchagés.   Jeu 19 Jan - 3:08

la vie n'est qu'une longue perte de tout ce que l'on aime.
-Victor Hugo-



<< Chaque matin est un nouveau combat contre le prochain. Chaque nuit, accueillent de nouvelles larmes coulant sans aucune grâce de mes yeux verdâtres, de mes yeux impurs qui ont vus tant d'atrocité en ce monde vil et sanglant. Chaque fois que je me réveille, que j'ouvre doucement mes yeux, je vois une autre journée qui va se défiler comme celle d'avant, mais en plus difficile, car ton souvenir me hante. J'aurai voulus que tu continues à m'aimer comme avant. Tu m'as remplacé pour des femmes, mais moi, je n'arrive point à t'oublier. À remplacer ce souvenir de notre amour qui était si parfait... alors comme chaque jours, j'affronterai cette vie en solitaire... Vie qui...

Vie qui n'est rien, rien que douleur et massacre. Qu'est-ce qu'elle m'a apporté? Oh, mais absolument rien, sauf mon coeur brisé. Je ne vis que pour t'insulter et te faire regretter tes actes, ta traîtrises envers moi... Toi qui m'a trompé. Toi que jamais, je ne cesserai d'aimer. >>


Gilbert ferma son journal intime, essayant du mieux qu'il le pût de ravaler ses larmes afin de surmonter cette autre journée qui s'annonçait comme toute les autres.  Le jeune noble laissa entrer ses serviteurs lorsqu'ils cognèrent à la porte en répondant bêtement. Car oui, Gilbert n'était pas quelqu'un de sympathique. Il parlait sur un ton arrogant, se croyant supérieur à qui compte lui adressait parole. Ce n'était que pour se remonter. Lui et sa si pauvre estime...
Il fallait savoir que Gilbert se considérait d'une façon très basse, même s'il laissait savoir qu'il était meilleur que tout le monde. Beaucoup de gens le trouvait fort agaçant et prétentieux et dès lors, il jugeait ce pauvre jeune homme qui souhaitait tout simplement un peu plus d'attention.
Nombreux étaient ceux qui disaient que le jeune Telnoy était différent de son père... Il n'avait pas une intelligence hors du commun et le sens de la gestion très haut comme celui-ci qui se prénommait Jacques.


Jacques, c'était le prénom d'un homme manipulateur qui avait le sens d'emmitoufler n'importe qui dans ses prodigieux plans. Il dirigeait une grande Banque et arrivait à persuader n'importe qui de n'importe quoi.
Mais malheureuse, même si ces qualités faisait de lui un grand entrepreneur, il les avait aussi utilisé en mal envers son fils qui avait connus viol et inceste, se faisait dire que tout cela était d'une parfaite normalité, voir que c'était de l'amour. Le rêve du jeune adolescent de quinze c'était envolé le jour où son père avait prise une nouvelle épouse remplaçant sa mère décédé en lui donnant naissance et lui-même... Ce qui l'avait déchiré.


Gilbert se fit habiller par ses serviteurs d'une veste blanche garnis de dentelles, qui mettait en valeur ses cheveux soyeux de la couleur du blé. On le vêtu d'un pantalon bien taillé d'un noir puissant ainsi que d'une nouvelle paire de chaussures parfaitement ciré. Le noble donna congé à ses serviteurs, afin de rester un moment seul à de regarder dans la glace. À regarder ce reflet, qui malgré, les vêtements masculins, restait androgyne. Il soupira en serrant les dents. Ce qu'il en avait marre... Et marre de se faire prendre pour une jeune fille! Il sortit en hâte du château, toutes ces sombres pensées le rendait nostalgiques et déprimant. Il avait besoins de sortir, de prendre un peu d'air!



X-x-X-x-X-x-X-x-X-x-X-x-X-x

Gilbert était désormais en pleins centre-ville de Oxford. On le remarqua dès qu'il marcha dans la rue. Ce qu'il pouvait y avoir des rumeurs à son sujet. "La petite princesse des Telnoy". C'était son surnom dans les rues. Ces boucles dorés, ces rumeurs comme quoi il était homosexuel.... Diable que cela le faisait chier. C'était bien de sa faute, lui qui acceptait de louer son lit. Un vrai maniaque de l'argent. 
Sans compter que certaines personnes savaient pour son père et lui... Même si personnes n'osaient l'affirmer. Gilbert voulait être comme tout le monde, il n'avait pas envie qu'on le remarque, simplement, il ne "fitait" pas dans le cadre de la société. Ce qui faisait de lui un être méprisé de tous et pointé du doigts.
Il avait rage d'entendre chuchoter son nom, qu'avait-il donc fait? Il n'était que lui-même! Pouvait-on détester quelqu'un pour ce qu'il était vraiment...? 


Fatigué des murmures non-flatteurs à son égard, le jeune Telnoy trouva un théâtre et y rentra sans aucune autorisation. Il adorait les pièces... Car elle lui permettait de se transporter dans un autre monde, un univers meilleur que la vraie vie. Il pouvait s'imaginer étant personnage dans l'un des chef-d'oeuvres afin de s'échapper à ce corps qu'il détestait tant... 


Lorsqu'il pénétra dans la pièce, tout était vide. Chaque chaises, autant du deuxième ou premier étage était vide. Le blondinet en du ravis. Enfin un endroit où il serait bien... Libre et seul... Il s'y rendit, s'assoyant sur une chaise de velours rouge regardant la scène vide et sombre. S'il n'avait pas été destiné à être Banquier, il serai peut-être devenu comédien... Oui... Jouer la comédie...



< < J'aurais pu t'oublier plus facilement si j'avais été amené à changer d'univers sans cesse... Mais me voilà prisonnier dans ta toile, papa. Je ne pourrai jamais m'envoler...>> pensa-t-il



Gilbert baissa son regard et sursauta en voyant les lumières s'allumer, une pièce de jour? Pourtant, les représentations étaient habituellement la nuit... Ah... Mais non.. Cela devait être une répétition.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Angela Kyumi
co-fondatrice
avatar

Messages : 193
Date d'inscription : 10/06/2011
Age : 23
Localisation : La ou le vent me porte ~~~~


Feuille de personnage
Age:: 18 été ou printemps, comme bon vous semble
Profession::
Relations:

MessageSujet: Re: Le Théâtre : où jouer un personnage peut soulager les cœurs surchagés.   Dim 22 Jan - 16:33

Le regard vide et sans aucune bonne volonté, comme bien souvent d’ailleurs, je me levais. Un pas puis l’autre touchaient le sol qui était glacial, mine des moins gentille, cela ne changeait pas de trop non plus, j’enfilais la première chose qui pouvait ressembler à un vêtement. Je me retrouvais avec un peignoir d’une couleur peu agréable sur le dos, mais bon… Je n’avais que faire, sortir de ma chambre à moitié nue pour prendre mon petit-déjeuner était sans doute une mauvaise idée, tous ses serviteurs qui pourraient poser leur regard méprisant sur mon corps, non merci, très peut pour moi. Je préférais que ce soit mes jouer d’un soir, avec leur regard malsain et de pervers pensant seulement à pouvoir coucher avec une jeune fille de bonne famille et bien sur… Nielle, avec son regard doux et excitant…

De mauvaise humeur et grognant contre tous le monde pour de simple futilités, je buvais mon thé… Encore une journée qui ne m’intéressait pas, il fallait dire que peut de chose pouvait me contenter en ce bas monde peut attrayant. Je devais me rendre au théâtre, pour regarder quoi ? Je ne saurais dire, car je n’avais pas l’intention de rester éveiller mais bien de dormir… Voir toutes ces personnes jouant la comédie sur une scène, ce contentant seulement de répéter le texte qu’on leur à fait apprendre pour passer le temps des riches, dans leur costume bien médiocre qui ne représenter rien de plu que des vulgaire morceaux de chiffons cousu les uns à côté des autres afin qu’au final ca ressemble à des vêtements. En parlant de vêtements, il fallait aussi que je pense à en changer, elle était vraiment peu adéquate. Je choisissais une jupe des plus courtes, m’arrivant bien au-dessus des genoux, un petit haut noir, laissant mes formes ressortir avec un décolleter plongeant, une tenue assez « osée » comme diraient certains pour ce rendre dans un lieu public. Avec un peu de chance, je me ferrais virer de la salle, ainsi je pourrais rentrer afin d’écouter les sermons de ma chère mère, dire et redire toujours les même paroles qui me faisais rire et rien d’autre. En pensant à ce moment, je me mettais à rire dans les couloirs du manoir, hilarant, voilà le mot qui convenait et pas un autre.

J’étais fin prête à me rendre au cœur de la ville, voir ces personnes s’abaissaient à faire des représentations ou nul ne s’intéressait. Le théâtre était juste lieux de rencontre entre personne de bonne famille, baron/baronne, prince/princesse, toute chose avec un rang, car oui, les être humains ne sont que des choses. J’entrais dans la calèche qui s’offrait à moi, le cochait m’ouvrait la porte, me regardant d’un air déconcerté, mon style vestimentaire faisait déjà fureur avant de ce trouver en ville ? Quel dommage, un sourire manipulateur ce dessinait sur mes lèvres, j’étais fière de choquer, outrer toutes personnes que je pouvais bien croiser. Puis, nous partîmes, les chevaux commençaient à galoper, doucement les grilles de la demeure devenaient petites jusqu’à ne plus les apercevoir. Elles laissaient place à un tout autre spectacle, bien plus animé, attrayant et bruyant. Les gens de la ville ne s’avaient ce tenir, hurler, crier, parler fort, c’était à celui qui allaient ce faire le plus entendre, celui qui allaient faire le plus de bruit et tous ca pour quoi ? Pour vendre des produits, poissons, fruits légumes ou bien des vêtements… La calèche traversait les bas quartiers de la ville, les gamins abandonnés courraient autours de cette dernière, voulant sans doute des sous, mais non… Je n’avais pas de pitié, ni pour eux, ni pour personne, la vie était si cruel et injuste, je ne disais pas le contraire et cela m’amusait fortement. Sadique, méchante ? Oui et j’en étais fière.

Nous étions enfin arrivé, les quartiers de bas étages, lugubre, sans une once de vie agréable ce trouvaient désormais derrière nous. Je descendais du carrosse à quatre roues en bois, des moins confortables, mes pieds foulaient les pavées abimé de la capital. J’avançais lentement sans aucune motivation jusqu’à l’entré du lui dit. Je regardais la porte, les yeux vides… Vide d’envie de regarder des gens sur scène, vide de toute expression humaine, je ressemblais à une sorte de chose, comme tous les autres humains banals. Puis, pour faire bonne fille, du moins pour le moment, avant de dévoiler mon vrai visage, mon vrai caractère sans me cacher, je faisais un large sourire mi moqueur mi ironique. A lui seul on pouvait lire dans mes pensés, une folle envie de mettre fin à ce que j’allais voir.
Je me décidais enfin à entrer… je parcourais le majestueux hall, du théâtre le plus connu du pays, cela aurait été une aubaine pour certain… Moi non, bien au contraire, juste une chose que j’étais forcé de faire. Mes talons résonnaient haut et fort, je n’avais pas besoins de me présenter, tous le monde en ce lieu me connaissait, on me montrait la salle sans rien me dire, me regardant avec de grand yeux qui voulaient tous dire sur les choses qui pensaient de moi. Il me prenait pour une fille pourrit gâté ? A leur guise, mais je devais avouer que ce n’était pas tout à fait faux.
J’entrais dans la salle de la représentation, sur scène des personnes habillé en robe ou bien costard. Sur les sièges rouge qui pullulaient une personne, un seul être vivant dans cette grande salle, le choc était énorme, je voyais tous le rouge dans la salle alors quant temps normale seul des têtes étaient visible. Mais je ne savais dire si cet être inférieur était un homme… Ou bien une fille, une tignasse jaune sortait par-dessus les siège ou bien chaise, je ne savais et ne chercher pas à savoir.
Des mon arriver j’allais jouer au méchante, je me mettais à applaudir la représentation que je ne regardais même pas, aller aller, un peu de gentillesse avec eux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Abby-lee Alka

avatar

Messages : 11
Date d'inscription : 01/01/2012
Localisation : Dans la demeure de mon maître


Feuille de personnage
Age:: Bientôt seize
Profession:: Servante
Relations:

MessageSujet: Re: Le Théâtre : où jouer un personnage peut soulager les cœurs surchagés.   Mar 31 Jan - 10:38

Les yeux encore pleins de sommeil, mais néanmoins vive et alerte, Abby-lee se tira du lit rapidement. Encore une journée pleine de tâches et de contraintes... Mais elle n'allait sûrement pas se plaindre, il y avait des gens bien plus malheurux qu'elle actuellement, elle était bien placée pour le savoir... Elle s'habilla en vitesse, et attrapa sa brosse afin de démêler son imposante chevelure... Ce qui prenait le plus de temps somme toute... Une dizaine de minutes plus tard, et à l'heure pour une fois, elle descendit en cuisine afin d'avaler un petit quelque chose, et surtout, pour préparer le déjeuner de son maître, et prendre connaissance de ses devoirs de la journée. Peu raffiné, mais cela ne l'importait que peu, elle n'était qu'une servante comme tant d'autres, son repas fut promptement calé dans son estomac, et elle n'eut plus qu'a dresser un plateau pour le maître, après, qu'il le mange ou pas, ce n'était plus de son ressort. Son devoir accomplit, elle pris connaissance auprès du chambelland de ce qu'on attendait d'elle précisément pour le jour même. L'homme, qui lui était un tantinet antipathique, la prenait pour une demeurée depuis son arrivée au château, et lui parlait toujours de manière méprisante, au fond du regard une lueur qui signifiait clairement "mais pourquoi donc le prince à ramené cette fille idiote". Abby-lee ne l'aimait pas, l'homme le lui rendait bien, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes... Visiblement aujourd'hui elle était sensée sortir du chateau et aller acheter trois billets au théâtre, avait elle bien compris où elle devait aller? Se rappelait-elle où c'était? Oui? Bon, et bien qu'elle y aille, au lieu de traîner dans les jambes d'un homme occupé tel que lui.
Abby-lee ne preta que peu d'attention a l'homme, après tout, elle n'avait jamais vraiment demandé à travailler sous ses ordres, s'il n'était pas content, il n'avait qu'a aller se plaindre, ça pourrait être drôle d'ailleurs de voir la réaction du maître si le serviteur venait se plaindre à lui...
Elle enfila son manteau et se mit en route, l'argent mis a l'abri dans sa poche, si elle venait à le perdre, dieu seul savait ce qui risquait d'arriver à la jeune fille. Aller en ville la dérangeait fortement, tant de gens qui s'y trouvent, pas tous avec les meilleures intentions, surtout envers une jeune servante, c'était toujours effrayant de s'y balader... Mais elle devait prendre sur elle, elle avait un truc à faire, et bon, c'était un ordre qui venait en quelques sortes du maître, donc pas le choix sinon obéir.

Elle était enfin arrivée au théâtre, personne n'avait essayé de l'aborder, de la toucher ou quoi que ce soit d'autre, le plus dur était passé. Mais voilà, elle n'avait strictement aucune idée de à qui acheter ces billets. Elle entra dans l'imposant batiment, très beau, avec une architecture compliquée et des dorures et sculptures à tous les coins, mais bon, elle n'était pas là pour admirer donc elle n'allait pas s'y attarder de trop. Beaucoup de gens ici, mais tous l'air préssé et occupé, elle ne voulait pas déranger, surtout si c'était pour se faire rabrouer... Plusieurs portes s'offraient à Abby-lee, elle prit la première, avec un peu de chance il y aurait quelqu'un de présent et de libre pour la renseigner, esperons... Effectivement, il y avait quelqu'un. Une personne a la chevelure blonde et bouclée, de dos, difficile de savoir qui cela était... La jeune fille s'avança lentement vers cette masse bouclée, longeant le mur pour ne pas être vue tout de suite, identifier qui était cette personne avant de devoir lui parler serait mieux. Enfin, elle ne savait même pas si elle allait parler... La peur de s'exprimer la tenait toujours, raison pour laquelle elle ne tenait pas tête ni au chambelland, ni à son maître ni à personne d'autre... Un bruit derrièere elle la fit se retourner, la porte qu'elle venait de franchir s'ouvrait et une jeune femme entrait dans la pièce. Grande, habillée... Court... , Abby-lee la reconnue comme étant l'héritière de la famille Kyumi. Elle se recula dans l'ombre du mur, pauvre servante, cette dame, Angela, n'avait pas vraiment une réputation des meilleures au monde, et la gentillesse ne faisait pas tout a fait parti de ses qualités... La dame applaudit alors dans ces mains, ce qui deconcerta la pauvre Abby-lee, qui, de surprise, éternua. Réaction un peu étrange, mais elle se figea, terrorisée, attendant de savoir si quelqu'un l'avait entendue, et si on allait la trouver.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arthur Bougainville

avatar

Messages : 123
Date d'inscription : 01/11/2011
Localisation : cloîtré dans son logis avec Elliot dans ses pattes =___=


Feuille de personnage
Age:: dans les 26 printemps
Profession:: jouer la comédie
Relations:

MessageSujet: Re: Le Théâtre : où jouer un personnage peut soulager les cœurs surchagés.   Sam 4 Fév - 17:12

« Le monde est une pièce de théâtre ; il faut apprendre à jouer son rôle. »
de Palladas



Les lumières s'allumèrent, une à une.

«Première scène..... 3...2....1... »

Et l’acteur entra en scène, sous les feux des projecteurs : de simples bougies, encadrées de miroirs divers, qui renvoyaient la timide flammèche comme un puissant rayon de soleil sur l’avant-scène. Le comédien, un des plus anciens de la troupe, était vêtu d'un élégant costume-cravate. Un deuxième apparut de l'autre côté, lui aussi dressé à quatre épingles. Ils commencèrent à jouer ce qui semblait être une tragédie gréco-romaine remaniée à la sauce moderne. La première scène se déroula sans un seul accroc, et la deuxième aussi. Les comédiens donnaient vraiment l'impression de penser chaque mot qu'ils disaient, et non de juste déclamer un discours appris des heures à l'avance, bien que certains échanges soient poussiéreux, faute d’avoir pu être retranscrit dans une langue plus actuelle. On entendit même quelques applaudissement à un moment.

La pièce annonçait déjà la trame d'une romance impossible entre un noble assez âgé éperdu d'amour et une jeune fille de mauvaise vie qui avait séduit son neveu pour obtenir l'héritage du-dit sénateur. Le neveu le savait, et tentait de faire emprisonner la jeune fille.

Et justement, le nouvel acte devait voir arriver cette jeune fille si ambitieuse, soudainement prise à voler quelques pièces dans la chambre du neveu. Une jeune fille à la longue et blonde chevelure s'avança donc sur scène. Elle venait tout juste d'arriver dans la troupe, et donc n'avait pas encore tout appris de l'art de feindre, en particulier l'avidité camouflée, elle qui semblait si ingénue. Elle faisait bien pâle figure, par rapport aux autres acteurs et actrices sur scène. Mais chacun faisait de son mieux pour s'adapter à son timbre hésitant et sa voix fluette. Tous, sauf un.

Il jouait le rôle d'un simple garde, mais apparemment, la prestation de la petite nouvelle le mettait hors de lui. Il trépignait, ne pouvait s'empêcher de prendre un ton dur sur l'unique réplique qu'il devait lui déclamer, et finalement lui donna tout bonnement un coup de son glaive fictif sur le crâne, l'insultant de tous les noms, de "Abrutie incapable de jouer correctement" à "Zélée empêcheuse de jouer une tragédie", en passant bien sûr par "Traînée entrée dans la troupe par son petit ami", ce qui était vrai, du moins pour le petit ami.

La pauvre gamine tremblait de tous ses membres. ses genoux avaient cédé sous l'effroi et elle suppliait à genoux en pleurant toutes les larmes de son corps l'impassible garde qui avait plus l'air d'un démon que d'un compréhensif être humain. Finalement, un autre garde, assez jeune lui aussi, tendit la main à la chose pleine de soubresauts qu'était devenue sa fiancée, et la conduisit vers les coulisses. Puis la pièce reprit son cours.

« Moi, j'en ai assez ! Je m'en vais ! » s'écria brusquement un des comédiens, le sénateur, quelques minutes après l’incident. Les autres hochèrent discrètement la tête.

«C'est toi qui voulait cette répétition, et tu es incapable de te tenir tranquille ! Je retourne chez moi.
- Moi aussi ! Tu es éreintant, Scarlet !
- Tu es fatigant, avec tes remarques... J'y vais aussi. »

«Mais non ! Mais..... Mais vous n'avez pas le droit ! Et la répétition ? » gémit soudainement le-dit Scarlet, pâlissant à vue d’œil.

Mais ni le sénateur, ni son neveu, ni les gardes, ni la nourrice ou les servantes ne se retournèrent; il ne resta qu’un seul comédien sur la scène en moins de temps qu'il n'en fallait au public pour se retirer à la fin d’une représentation.

Tout d’abord, le garde décida qu’il était suffisamment d’un seul pour continuer à répéter toute la pièce, et tenta de jouer tous les rôles. Il virevoltait sur les planches, criant tantôt une phrase du sénateur en courant à gauche, tantôt chuchotant à mi-voix la réponse du neveu en se précipitant à droite, puis allait vers le bord de la scène pour faire parler la jeune fiancée avec une voix de fausset assez parodique et rapidement entrecoupée d’halètements. Le manège dura encore cinq bonnes minutes, et puis l’acteur fut tellement fatigué qu’il se prit le pied on ne sait où ; il trébucha, chancela un instant, se rattrapa à un cordage qui pendait par-là, s’appuya de tout son poids dessus pour retrouver l’équilibre..... et se retrouva dans le noir, car la corde semblait avoir un lien plus ou moins important avec le directionnelle des miroirs pour l’éclairage. Exténué, il tenta bien sûr de faire revenir la lumière sur le milieu de la scène, telle qu’elle était jusqu’alors, mais tout ce qu’il parvint à faire, c’était éclairer l’autre partie de la salle, c’est-à-dire les sièges pour les spectateurs du lendemain soir. Sièges qui n’étaient pas tous vides...

Scarlet pâlit, jusqu’à prendre un teint de fantôme maladif. Tout son cirque à courir d’un bout à l’autre, la dispute et sa crise de nerfs sur la pauvre gamine... Tout ça, des gens l’avaient vu... Des êtres vivants avaient vu le Grand Scarlet se rendre ridicule à en mourir de honte, lui qui était capable de tuer un bébé qui l’aurait entendu se tromper d’un seul mot dans une tirade... Le comédien déglutit et enfonça du mieux qu’il put le casque sur sa tête qui lui permettrait de peut-être de pas être reconnu. Mais il ne parvint pas à l’enfoncer de beaucoup, vu que de casque salvateur sur son crâne, il n’y avait plus. Il ferma les yeux à en avoir mal, les rouvrit lentement, et avec la même lenteur se tourna pour voir si au moins... Et bien non, Dieu ne l’aimait pas aujourd’hui : sa splendide crinière écarlate, dont il était si fier d’habitude, parce que justement il était le seul à arborer pareille chevelure, se prélassait doucement dans son dos, quoique déjà un peu ébouriffée à force de mouvements grotesques, dans toute sa longue magnificence rouge. Scarlet aurait bien encore pâli, mais la nature n’avait pas prévu de nuance plus claire que celle qu’il arborait en ce moment, ou alors complètement transparent.

« Heu..... Excusez-moi, je ne vous avais pas vu.... dit-il en s’avançant vers le public. Vu qu’il était tombé au plus bas, l’improvisation forcée ne pouvait pas le faire descendre plus aux yeux de ces gens...

« Bon euh.... Je me présente, Scarlet ! Acteur de mon état. Je suis célibataire, je n’ai pas d’enfants.... Et là tout-de-suite, mon principal rêve est de mourir. Est-ce que quelqu’un a le même projet ici ? On pourrait en discuter, s’entr’aider.... Qu’il vienne ! »

Bien sûr, Scarlet n'avait pas la sottise de penser que quelqu'un allait lever la main et répondre à son appel. Il continua donc, pour ne pas laisser un silence de mort s'interposer.

«Vous par exemple, le petit blondinet ! Vous m'avez l'air bien triste, perché sur votre siège ! Venez donc me rejoindre.... Ou alors la belle jeune fille court vêtue, au moins il y a aura quelque chose de fort fameux à regarder pour les spectateurs, à défaut de moi ! Et puis comme j'ai besoin de compagnons pour répéter, si le théâtre vous tente.... Vous qui n'êtes que des snobinards riches à en mourir et sans coeur, ou pire leur rejeton, venus seulement pour réchauffer des chairs qui ne font que nourrir votre égoïsme ingrat, ça ne vous changera pas, de jouer la comédie devant d'autre gens !»

Scarlet se tut brusquement. parti dans le feu de son repêchage, il avait laissé les mots lui échapper; il venait ouvertement d'insulter la noblesse, lui qui n'était pas grand-chose, qu'un saltimbanque, le genre d'être qui était si facile de faire enfermer et tuer pour une broutille pour des puissants comme eux.... Dans la vraie vie, c'est le lion qui gagne toujours sur la mouche du coche.

«Ou alors, que l'un d'entre vous me prouve le contraire, qu'il a du coeur et ose s'approcher d'un comédien, ces gens si quelconques qui ne servent qu'à divertir et à poireauter en coulisses en attendant des esprits bouffis d'or et de luxe !» lança-t-il sur un ton de défi.

S'il ne mourait pas maintenant, quel bonheur d'enfin sortir toute la rancune qu'il avait sur le coeur !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
† Contenu sponsorisé †





MessageSujet: Re: Le Théâtre : où jouer un personnage peut soulager les cœurs surchagés.   

Revenir en haut Aller en bas
 

Le Théâtre : où jouer un personnage peut soulager les cœurs surchagés.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» L'intérêt de jouer un personnage.
» comment jouer et créer son personnage????????
» Formulaire de création de Personnage
» Le patronus de votre personnage
» Le personnage le plus alcoolique
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kingdom's Gulf :: Le RP avec Kingdom's Gulf ♠ :: Oxford :: Le coeur de la ville :: Les places-